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 Terres des Demies Vies

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Adwaelath

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MessageSujet: Terres des Demies Vies   Lun 29 Avr - 20:37

Dix jours d’une longue pénitence s’étaient écoulés. La neige n’en finissait pas de tomber, recouvrant l’étendue désertique entourant leur hameau d’un manteau blanc immaculé.

Le trajet que les expéditionnaires empruntaient chaque jour était vite recouvert ne laissant pour traces que de vagues creux où l’on devinait à grand peine des pas. Les ouvriers s’échinaient à trouver de maigres ressources dans les congères aux abords de la ville. Les campeurs, éprouvés par leur nuit solitaire dans ce grand froid, n’étaient guère prompt à vouloir retenter l’expérience.

Les vivres s’amenuisaient, de moins en moins de personnes s’en allaient explorer cette immensité blanche. Tout le monde restait aux abords des murailles de ce que l’on avait appelé primairement « Terres des Demies-Vies ». Sûrement en référence aux putrides qui pullulaient dans l’outre-monde malgré de rudes conditions. Tous avait le moral sapé, cet hiver infini aurait raison d’eux, la nourriture, l’eau, tout était richesse.


De plus, les hordes s’amassaient aux alentours de la ville. Les gardiens, munis de leur fier bouclier, résistaient à cette invasion macabre qui se défilait à l’horizon. Cet instant, où la mort nous guette tous, est le plus vivant, le plus magique. L’adrénaline pulsant dans les tempes, la peur n’avait plus sa place dans les esprits. Le sang giclait des têtes tranchées, certains confrères gardiens hurlaient à la lune une fois la danse sanglante finie. Non seulement pour signifier leur victoire sur la mort, mais aussi en souvenir de leur frère tombé quelques jours plus tôt.

Après ces nuits de pure extase, un court sommeil se profilait et une journée de recherches accablantes et déprimantes recommençait tel un cycle sans fin. La Roue du Temps tourne et les Âges naissent et meurent, laissant dans leur sillage des souvenirs destinés à devenir des légendes. Puis les légendes se métamorphosent en mythes qui sombrent eux-mêmes dans l’oubli longtemps avant la renaissance de l’Âge qui leur donna le jour.


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Adwaelath

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MessageSujet: Re: Terres des Demies Vies   Lun 29 Avr - 20:38

A l’aube de ce dix-septième jour, le soleil se levait pour la première fois de sa pleine chaleur sur les Terres des demies vies. Avec ce léger redoux, maintenant entamé depuis quelques jours, la neige avait fondue, ne laissant derrière elle qu’une boue infâme et gluante. Les congères s’étaient effondrées depuis deux jours, laissant de nouvelles hordes de zombies s’approcher.

S’aventurer dehors devenait de plus en plus dangereux, les abords de la ville étaient infestés de ces êtres morbides revenus à la vie par on ne sait quelle diablerie. Un nouveau frère avait succombé, la nuit fut trop rude et le pauvre fut retrouvé congelés. Son sacrifice ne fut pas vain, son camarade d’infortune n’ayant lâché qu’une larme qui de suite s’était figée, ramena le plan, qui, peut-être, allait nous sauver.

Hier, de nouveaux camarades s’en étaient allés tenter de nous ramener le plan d’un filtre qui permettrait de purifier toute cette eau croupissante dans les réserves de la ville. Sans nouvelles d’eux, les veilleurs guettaient au loin leur retour avec leur compagnon d’armes. De l'autre côté, chaque jour, une petite troupe de frères boucliers bravait la boue et les dangers qui les guettaient à tout instant pour aller chercher des armes qui leurs seront utiles le soir.

Le moral de plus en plus sapé par la rigueur du climat et le nombre alarmant de putrides, un frère s’était donné la mort ce matin, ne laissant pour traces qu’un rictus de douleur et quelques mots « Je suis désolé, je suis attendu autre part, l’herbe y est sûrement plus verte. »

Chaque nuit, sous un ciel nébuleux, les fiers veilleurs croisaient les armes avec une horde de baveux affamés de chair vivante et sanguinolente. Les gardiens, l’adrénaline pulsant dans leurs veines, s’affairaient à repousser ces demis-vivants qui n’en finissait plus d’affluer. Submergés, les trompes-la-mort reculèrent un peu, laissant les chantiers effectués sous le contrôle des zombies tout en prenant garde de ne pas les amener vers les habitations où les autres, femmes, hommes et enfants, comptaient sur leur solidité et leurs nerfs d’acier pour déjouer les plans funestes du destin. Le vacarme ne désemplissait pas, le sang poisseux des faux-morts souillait le sol. La nuit durait à chaque fois une éternité mais le soleil, ce puissant allié, revenait toujours et avaient toujours raison des sans âmes qui, alors, battaient en retraite ne laissant qu’une courte journée de répit à la ville de se remettre des visions d’horreurs qui se jouaient chaque soir et de panser les blessures, humaines comme matérielles.

Demain, dit-on, est un autre jour. Une nouvelle aube, un nouveau zénith et un nouveau crépuscule qui se succède. Chacun le vivait comme son dernier.

Angoisse à hue et à dia
Réveil martyrisé
Pensées ombragées d’une mort qui nous guette
Toujours
Je ne saurais espérer un demain
Immortalité du soleil
Araignée
Répétition d’une respiration éphémère
Torpeur
Ta présence maltraitée me soulage
Je te demande pardon

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Adwaelath

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MessageSujet: Re: Terres des Demies Vies   Ven 3 Mai - 16:27

Les premières lueurs du soleil du vingtième jour chatoyaient depuis peu sur la ville. Ces deux dernières nuits furent particulièrement éprouvantes. Les armées défuntes étaient de plus en plus nombreuses, à quel point elles continueraient de grossir, les pauvres hères n’en savaient rien. Mais toujours est-il que maintenant, ils étaient désarmés contre la horde. Hier, tout a été réquisitionné pour augmenter les défenses de la ville. La banque était désespérément vide, mais elle avait fait son œuvre.

Maintenant, l’unique espoir est la fuite de cette ville. Elle n’était que tombeaux en sursis, toutefois, dix courageux gardiens mirent en avant leur sens du devoir et décidèrent de se sacrifier pour que l’esprit de ce hameau survive le plus longtemps possible.

Adwaelath, accompagné des deux techniciens et d’un frère gardien, décida d’aller passer ses nuits dans un vieil immeuble délabré. Toute la journée, il tapa du pied et fit les cents pas aux portes de la ville en attendant ses compagnons d’aventure. Ils n’arrivèrent qu’à la nuit tombée. Sous la pâle lueur des étoiles, ils avancèrent dans le désert de boue, traversant des troupes de putrides avachis. Arrivés au lieu de leur campement, ils firent le ménage sur leur zone et aménagèrent quelques cachettes. Alors que la lune était à son zénith, le jeune homme se cacha et sortit une feuille de papier et un stylo à écrire fébrilement.


«Ô funeste destin, permet-moi de vivre encore un peu en ce monde. Toi qui fus si cruel à prélever ma douce de mes bras.

Ô sombre ritournelle, par ta faute, j’ai dû raccourcir son agonie et cela a endeuillé ma vie.

Ô cruelle fortune, de par le monde, j’ai erré, ne laissant pour seules traces, des corps inanimés et souillés par leurs sangs.

Oui, toi, macabre illusion qu’est l’espoir, je sens que mon heure est bientôt sonnée. Je m’en vais rejoindre ma dulcinée et rien ne peut m’en empêcher.

Ca y est, la horde défile, j’entends que l’on gratte aux alentours, ils m’ont repéré et ils ne vont pas tarder à me déchiqueter. Ceci est la fin, MA fin. Et c’est également… »

Une giclure de sang se fit sur le papier, Adwaelath eut toutes les peines à ne pas hurler. Tout du long de son calvaire, il essaya de garder un visage serein presque apaisé qu’on lui ôte la vie ainsi.

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Dernière édition par Adwaelath le Dim 5 Mai - 21:52, édité 2 fois
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Adwaelath

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MessageSujet: Re: Terres des Demies Vies   Ven 3 Mai - 16:27

Bon bah, ayé, j'ai mourru, j'ai même pas survécu à la première nuit de camping.

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